L’or est repassé sous le seuil des 4 000 $ l’once pour la première fois depuis novembre 2025. Le cours au comptant évoluait autour de 3 995 $, un plus bas de sept mois. L’argent a subi des pertes plus sévères encore, reculant d’environ 12 à 13 % sur trois séances, contre environ 4,7 % pour l’or.

Le retour en force des facteurs monétaires

Ce repli remet en question l’idée que les tensions géopolitiques soutiennent en permanence les métaux précieux. Les facteurs monétaires ont repris le dessus : la Réserve fédérale a maintenu son taux directeur entre 3,50 % et 3,75 % le 17 juin, mais les acteurs de marché ont revu leurs anticipations de resserrement à la lumière des projections actualisées de la Fed. L’indice dollar a atteint 101,8, un plus haut de treize mois, tandis que l’indicateur des dépenses de consommation personnelle (PCE) publié le 25 juin a constitué un événement macroéconomique clé.

Un soutien structurel qui reste intact

Malgré cette faiblesse des prix, le soutien fondamental persiste. Selon le World Gold Council, 89 % des gestionnaires de réserves interrogés anticipent une hausse des avoirs en or des banques centrales dans les douze prochains mois. La banque centrale chinoise a ajouté 10 tonnes en mai, portant ses réserves à 2 332 tonnes, bien que la demande domestique se soit tassée.

Ce que cela implique pour les épargnants

L’or redevient une couverture défensive plutôt qu’un pari de momentum. Après une période de hausse quasi continue, le marché a démontré que les métaux non rémunérés souffrent lorsque le dollar se renforce et que la Fed regagne en crédibilité sur l’inflation. La correction plus marquée de l’argent souligne sa double nature de métal précieux et industriel : en période de tension macroéconomique, il sous-performe généralement l’or, ce qui plaide pour des achats progressifs, l’or physique restant préférable pour la préservation de patrimoine face à des positions tactiques de court terme.

Un rappel de la dimension physique du marché

Une affaire de blanchiment d’argent à Rotterdam — liée au légendaire cambriolage de Brink’s-Mat de 1983 et soldée par une amende de 70 millions d’euros — rappelle que les métaux précieux ne se résument pas à des données d’écran. Alors que l’or reste cher, la gestion de la chaîne physique devient un enjeu croissant de sécurité et de traçabilité, ce qui renforce l’intérêt de passer par des intermédiaires établis, des primes transparentes et un stockage sécurisé.