L’or a signé un rebond inattendu début juillet 2026, porté non par les tensions géopolitiques mais par un changement de lecture de la politique monétaire. Le cours au comptant a atteint 4 177 $ l’once, sa première progression hebdomadaire en cinq semaines, avec un gain d’environ 2,2 %. L’argent s’est redressé de façon similaire, à 62,41 $ l’once.

Le déclencheur : un marché de l’emploi américain plus faible

Le rapport sur l’emploi de juin n’a fait apparaître que 57 000 créations de postes, avec un taux de chômage stable à 4,2 %. Ce chiffre a réduit la pression perçue en faveur d’une hausse des taux, poussant les investisseurs à anticiper des conditions monétaires plus souples. L’affaiblissement du dollar et le recul des anticipations de resserrement ont profité aux métaux précieux après un mois de juin marqué par un net repli.

Les taux réels, moteur principal du marché

Ce rebond masque des dégâts macroéconomiques sous-jacents. L’or avait touché des plus bas de plusieurs mois, autour de 3 943 $, avant de se redresser. Le marché avait commencé à intégrer un scénario de taux américains durablement élevés, alimenté par les craintes inflationnistes et la sensibilité des banques centrales aux chocs énergétiques du printemps.

La demande structurelle reste toutefois solide : le World Gold Council a recensé une demande mondiale de 1 231 tonnes au premier trimestre, dont 244 tonnes achetées par les banques centrales. Les réserves officielles ont progressé de 41 tonnes nettes en mai, portées notamment par la Pologne et la Chine.

Ce que cela signifie pour les investisseurs

La fourchette 4 000 – 4 200 $ constitue davantage une zone de réaccumulation tactique qu’un marché en tendance affirmée. L’argent, plus volatil, profite de l’assouplissement des anticipations de taux mais corrige plus fortement en cas d’accélération de l’inflation ou des salaires. Un achat échelonné dans le temps reste plus rationnel qu’une tentative de calage sur le point bas.

Un rappel de la dimension physique du marché

Le 2 juillet, la société minière Agnico Eagle a signalé un mouvement de terrain sur son site de Barnat, près de Canadian Malartic au Québec, sans faire de blessé mais avec une suspension temporaire de la production. La perte est estimée entre 60 000 et 80 000 onces d’or pour le second semestre 2026 — un rappel que le marché de l’or reste aussi sensible aux aléas de production physique qu’aux mouvements financiers.